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Depuis des années,
j’appuie sur ce satané déclencheur.
Chaque jour mes envies
et mes besoins se transforment,
mes yeux se fixent sur
des hauteurs toujours différentes.
Et pourtant, pendant
une année entière, j’ai dû expulser
une vraie direction
jamais envisagée, jamais voulue ni
désirée. Mettre en
forme dans une urgence endiablée
sans recours et sans
dérobade, mes insomnies qui
recèlent des trésors de
vie dissimulés. Mettre en lumière
des personnages
intimes au devant de la scène, scènes
de conscience,
spectres du génocide de la dernière
guerre.
Dessiner en silence des êtres chers, des espaces
de mon
existence qui hantent mes nuits, oser leur
donner une
réalité. Oser chuchoter des cauchemars de
mort, de visions
d’amas d’os et de sang, de trains
somnambules, de bois
ruisselants de peurs.
Oser honorer les disparus de cendres
malgré les sueurs
des nuits et les traversées sans
détours.
Que ces voix nous sortent de nos retranchements
et
nos violences, que ces visions renommées nous
poussent
à reconnaître nos voies de chants de vie que
la
photographie peut voir avec grâce.
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