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Réponses aux questions pour MCD.
1—je pense que je suis un peu les trois à la fois : témoin parce que je suis présent lors des évènements que je choisis de filmer, archiviste car je conserve précieusement ces images, et acteur en prenant place dans un dispositif de transmission de l’information. C’est d’ailleurs cet aspect là que je préfère. De plus, j’ais souvent l’impression, quand je filme, de faire partie du spectacle !
2—J’aime bien filmer les actes uniques comme les performances artistiques, les happenings, ou tout peut arriver, ou le show n’est pas uniquement sur scène mais aussi dans le public.
3__C’est clair que ne plus avoir à trimballer un magnétoscope relié à une énorme caméra que j’utilisais à mes débuts en 1982, a quand même facilité mes déplacements lors des tournages ! J’ais toujours privilégié le mouvement et je n’utilise pratiquement jamais de pied pour filmer. Ha, aussi les effets numériques ! Je m’en suis beaucoup servi dans les années 90 en filmant les « raves party », ça me permettait de restituer l’ambiance psychédélique de ces fêtes (et de préserver l’anonymat de leurs participants !). Sinon, maintenant que tout le monde à un appareil photo numérique ou une camera, si ce n’est un téléphone qui filme, c’est devenu anodin de prendre des images.
4—En mai dernier, j’étais au festival « Nuits Sonores » à Lyon, dans le salon « MIXMOVE » ou j’ai présenté « Techno places », un documentaire qui montre la diversité des lieux utilisés par la Techno en France depuis ses débuts dans les clubs à Paris, au REX et au PALACE en 1988, ou l’on entendait Laurent Garnier, jusqu’aux premiers TEKNIVALS et free-party, en passant par les grandes Raves du milieu des années 90… En septembre, j’ai montré dans le cadre des Rendez-vous électroniques « MENTAL CONFUSION », un autre docu sur « l’histoire des musiques électros », qui parle d’une soirée du même nom qui se passait au GIBUS à Paris, de 1994 à 1996, et qui fut la première consacrée au Hard-core tekno en club, avec Manu le malin, Laurent Ho, et toute la scène des free party de l’époque… En octobre, j’ai diffusé à la Halle St Pierre un film sur Altagor, un artiste avant-gardiste des années 50 disparu en 1992. C’est mon premier film réalisé sur quelqu'un que je n’ai pas connu de son vivant. Cela a été une vraie expérience, une approche totalement différente de ma pratique habituelle.
5—A la fin des années 70 on est sortis de la période » Baba »,qui étais plutôt ramolo sur la fin grâce aux Punk qui ont mis un bon coup de pied dans tout cela, ensuite la New- wave et la Cold–wave ont mis un peu de sens tout en privilégiant l’attitude (le Look , si important pour les Branchés des années 80 !), après il y a eu la musique « industrielle » plus sombre et proche des expériences artistiques et de la Performance, puis le début des Gothiques avec leurs jeux théâtraux et torturés. Vers le milieu des années 80, on s’est mis à écouter des musiques du passé «Psyché-Pop » des années 60-70 et à s’habiller avec des fringues de plus en plus colorées… On dansait joyeusement dans des clubs comme l’ « Acid-rendez-vous »ou le « Power-station » sur des tubes sixties, enchaînés avec du Pierre Henry, de la variété française ou du disco!! Cela nous a emmené vers 1987 à découvrir l’Acid-house apportée par des anglais proches du groupe S –express dans les soirées Jungle au « Rex » et « Pyrammid » au Palace .Nous étions murs pour recevoir la Techno qui allait apparaître quelques années plus tard, annonçant toute la famille de la musique éléctro qui continue encore maintenant… De toute cette période qui courre sur plus de 30 ans, je pense que la Tekno, au sens large, est le type de musique, et même de mouvement qui a eu le plus d’influence sur ma progression personnelle. Parallèlement à cela, il y a eu à partir du début des années 80 l’émergence des premiers squats artistiques, qui ont permis à toute une population d’artistes de s’exprimer en toute liberté sans être limités par des impératifs commerciaux ou par une censure morale, la seule limite étant le coté éphémère de ces lieux, mais cela est parfois un avantage …Le premier de ces lieux que j’ai fréquenté s’appelait l’usine « Pali-Kao » et était située à Belleville, à Paris de 1981 à 1983. Il y régnait une atmosphère post –Dada et l’on y voyait des performances artistiques, des concerts Punks de musiques industrielles ou expérimentales…
J’ais réalisé en 2002 un documentaire sur ce lieu que j’ai diffusé au Palais de Tokyo dans le cadre du festival « Art et Squats » en2002. Palais de Tokyo qui, curieusement reprend l’esthétique des squats et des Free-party, dans son environnement Post-industriel (et la boucle est bouclée !). C’est un lieu qui a énormément de potentiel, mais ou malheureusement peu de jeunes artistes ne peuvent encore s’y exprimer ! C’est ce qui fait effectivement la différence avec des lieux alternatifs comme les squats artistiques. On y voit cependant des choses très intéressantes mais aussi parfois déconcertantes comme la performance de Marina Abramovitz et de Jan Fabre en 2004, qui durait plusieurs heures, et dont l’installation est restée de longues semaines, avec un cœur de bœuf qui pourrissait… J’aime beaucoup aller au PdT lors des vernissages, on y rencontre plein de monde, c’est comme la grande place du village artistique ! J’y ai filmé presque tous les vernissages et beaucoup d’autres évènements qui s’y sont passés.
11_Il est vrai qu’actuellement, dans l’art contemporain, la vidéo a de plus en plus d’importance : les écrans plasma ont remplacés les toiles peintes et les vidéo projecteurs sont plus nombreux que les sculptures… Par contre, les images qui y sont montrées sont souvent d’une platitude exaspérante !!! Celles projetées par les VJs lors des soirées sont autrement plus dynamiques et vivantes. C’est avec ce type d’artistes que je me sens le plus « en phase ».
En ce moment, on se réunis régulièrement entre personnes qui travaillent l’image afin d’organiser d’abord un festival dédié aux projections appelé Vision’R mais aussi pour essayer d’échanger et de communiquer, de se rencontrer sur des projets communs.
14_Je pense qu’un évènement artistique se doit d’être enrichissant. On doit pouvoir en repartir avec l’envie d’agir soi même, d’être stimulé créativement. On doit pouvoir s’y amuser ou au moins y prendre du plaisir. J’organise depuis 1998 ponctuellement des évènements multi-artistiques appelés « Vision Age » ou les spectateurs ont la possibilité d’être acteurs dans un dispositif créatif qui met en jeu des projections sous différents supports, du son provenant de plusieurs sources, du gestuel, des effluves odorantes, du gustatif… C’est assez complexe à mettre en œuvre, c’est pourquoi je n’en réalise que lorsque j’arrive à réunir les différents éléments nécessaires, à la fois matériels et humains. Je prévois de monter un pole de création d’images projetées sous la forme d’ateliers réguliers ou les participants pourront expérimenter différentes techniques, et partager leurs moyens et savoir faire; les résultats de ces recherches pourront ensuite être présentés dans ce type d’évènements. 16—Du 15 au 19 novembre, je vais participer au festival « Nordik Impakt » à Caen ou je présenterai « Techno places » et « Mental confusion » à l’université (cela me plait bien de montrer ce genre de films dans un lieu de savoir !) et je réaliserai un reportage au quotidien durant le festival, qui sera diffusé dans un bus circulant dans la ville. Début décembre je présenterai un film portrait de Konny Steding, à l’occasion de la sortie d’un livre qu’elle a réalisée. Je pense aussi organiser d’autres évènements autour de l’œuvre d’Altagor sur qui j’ai réalisé un film cette année.
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